Vous pouvez effectuer un don en ligne pour soutenir notre action.  Notre système est totalement sécurisé.

© Kôngo Avenir, comité de soutien de  Son Altesse Royale, le  Prince Yves  M. ne Kôngo Ñzînga Mvêmb’a   

 

Donner pour Kôngo Avenir, comité de soutien de  Son Altesse Royale, le  Prince Yves  M. ne Kongo Nzinga Mvemb’a
Je clique sur l`image pour ecrire a Kôngo Avenir, comité de soutien de  Son Altesse Royale, le  Prince Yves  M. ne Kongo Nzinga Mvemb’a










 

L’ histoire  des  Armoiries

de

la  Famille  Royale  Kôngolaise

 

 

wpa9d86315_0f.jpg

 

 

 

Les armes royales  furent promulguées  en 1512 par Sa Majesté le roi Dom Afonso 1er  (1506-1543). Dans  cette étude nous exposerons dans quelles circonstances le blason royal fut adopté; nous décrirons sa véritable constitution et nous donnerons la signification symbolique de ses divers motifs héraldiques.

 

                     

Quelques notions d'héraldique,

 

 

L'origine du blason remonte à la plus haute antiquité : déjà les Grecs ornaient leurs boucliers de certaines figures peintes, constituant des emblèmes personnels. Pourtant ce ne fut que suite aux Croisades que l'usage du blason se généralisa dans l'Occident féodal. Les adversaires des Croisés possédaient des armoiries personnelles, correspondant à leur nom ou à leur fonction. Comme motifs décoratifs ils reproduisaient sur leurs boucliers (et leurs bannières) certaines figures : un croissant, un cimeterre, un, aigle, un lion, une fleur de lys, etc. Les chrétiens leur empruntèrent non seulement ces emblèmes mais même certains termes héraldiques. Ainsi en langage héraldique, rouge se dit « gueules », bleu : « azur ». Or ces termes viennent de l'ancien persan et de l'arabe. Les autres couleurs se désignent comme suit : jaune :  « or »; blanc : « argent »; noir : « sable »; vert : «sinople».

 

En Occident, les emblèmes passèrent du bouclier à divers objets : on les reproduisait sur le heaume du chevalier, sur les vêtements des personnes à son service, sur la housse de son cheval, sur ses manuscrits, sur son château, sur son tombeau, sur l'église qu'il avait fait construire, sur ses cloches, ses verreries etc. Devenues une marque de propriété, une signature en image, les armoiries au premier quart du XII' siècle, apparaissent également sur le sceau, dont l'apposition sur un document équivalait à la signature ou la confirmait.

 

L'exemple des chevaliers fut bientôt imité par les personnes morales monastères, universités, hospices, villes, etc. et par les riches bourgeois. Ainsi les armoiries devinrent l'objet d'un droit de propriété exclusif et transmissible aux héritiers, Pourtant, le souverain s'attribua un droit supérieur sur cette matière : il constate les droits acquis et lors de l'anoblissement concède des armoiries. Dans ce cas, il permet au bénéficiaire d'incorporer à son blason des figures tirées des armes royales. Une telle concession était une marque d'honneur destinée à récompenser des mérites ou sign'fiait que le souverain prenait le bénéficiaire sous sa protection seigneuriale. Le droit héraldique fut formulé vers 1355 par le célèbre jurisconsulte Bartolo de Sassoferrato (1314-1357) dans son traité : De Insignis et Armis.

 

Au cours des siècles, les armoiries acquirent une multitude d'emblèmes et de formes, Le choix des motifs héraldiques était basé surtout sur le désir de commémorer un fait notoire, une alliance, un, patronage. Assez souvent ces motifs n'étaient qu'un rébus sur le nom du propriétaire.

 

Les armoiries sont constituées ou bien du seul écu ou de l'écu pourvu d'ornements extérieurs : timbre, insignes de dignité, tenants et supports. Le plus souvent le champ de l'écu comporte plusieurs partitions obtenue par des lignes verticales, horizontales, diagonales. Celles-ci sont rectilignes, ondées, dentées, etc. Le coin gauche (pour le spectateur) se dit en langage héraldique canton dextre ; le coin droit : canton senestre.

 

Comme ornements extérieurs de l'écu, on a d'abord le timbre. Le timbre est une coiffure : heaume, tiare, mitre, chapeau, couronne. Le heaume est reproduit de face, de trois-quarts ou de profil. Cette position n'est pas arbitraire mais correspond à la dignité du propriétaire des armoiries. Le heaume peut être muni d'une grille à barreaux, verticaux ou verticaux et transversaux ; le nombre des barreaux varie selon les prescriptions du droit héraldique. Sur le heaume repose parfois un bourrelet qui sert de support à une couronne formée de cinq ou trois feuilles d'ache ou céleri sauvage, alternant avec des perles. Insigne de dignité, la couronne peut être impériale, royale, ducale, de marquis, de comte, etc. Le cimier reproduit les emblèmes principaux de l'écu. Le timbre dérive du fait que les ornements du bouclier furent reproduits aussi sur le heaume du chevalier. De même le couvre-nuque d'étoffe du heaume a donné naissance aux lambrequins des armoiries. Ce sont des volants de tissus continuant le cimier. Les bords tailladés des lambrequins forment des lanières, aux angles inférieurs arrondis.

 

"Des règles très strictes régissent la constitution des armoiries ; celles-ci se décrivent dans une terminologie propre. Tout cela est l'objet d'une science particulière, assez compliquée, appelée l'héraldique. Ces quelques notions héraldiques suffiront pour comprendre le sens des armoiries de l'Ancien Kôngo (1),

 

 

 

La bataille de San Salvador ou les circonstances historiques.

 

 Les armoiries Kôngolaises veulent commémorer un fait historique de grande importance : la victoire remportée par D. Afonso sur son demi-frère païen Mpanzu Kitima, dans la bataille de San Salvador en 1506. Cette victoire, regardée comme miraculeuse, eut une résonance profonde au Portugal, qui était en relation avec le Kôngo, depuis sa découverte en 1482 par le navigateur portugais Diogo Câo.

 

 Voici les antécédents de la bataille de San Salvador. Le 19 décembre 1490, trois caravelles, placées sous le commandement de Gonçalo de Sousa, quittèrent Lisbonne à destination du Kôngo. Elles emportaient tout ce qui était nécessaire pour la construction d'églises et d'écoles et pour l'exercice du culte chrétien croix, chandeliers, calices, missels, ornements sacrés. A bord se trouvaient des maçons, des charpentiers, des laboureurs munis de leurs outils respectifs. Franciscains, dominicains et chanoines séculiers de saint Jean l'Evangéliste ont tous revendiqué l'honneur d'avoir été les premiers à évangéliser le Kôngo. Il nous semble probable que faisaient partie de l'expédition de 1490 cinq chanoines de la Congrégation de saint Jean I'Evangéliste, appelés communément « Azuis » (les chanoines bleus, à cause de la couleur de leur habit) ou Loyos, d'après le nom de leur couvent à Lisbonne, saint Eloi. C'étaient Jean de Sainte-Marie, supérieur, jean de Portalegre, Antoine de Lisbonne, Rodrigue de Dieu et Vincent des Anges. Le 29 mars 1491, la flotte accosta à Mpinda, à l'embouchure du Zaïre (Kôngo), dans la « province » de Soyo. Déjà le 3 avril, le jour de Pâques, le gouverneur de Soyo reçut le baptême sous le none de D. Manuel, en l'honneur du cousin de Jean II de Portugal, le prince Manuel, le futur Manuel le Fortuné (1495-1521 ). Informé de l'arrivée de la grande expédition missionnaire, le roi Ñzînga Nkuwu invita les Portugais dans sa capitale, Mbanza Kôngo (San Salvador), distante de 150 km. Le 3 mai, le roi Ñzînga Nkuwu reçut le baptême des mains du supérieur des chanoines. Il prit le nom de Joâo en l'honneur de son « frère » du Portugal, le roi jean II (1481-1495). Plusieurs notables furent baptisés avec lui. Le 6 mai, fête de S. Jean l'Apôtre « ante Portam Latinam », fête patronale des chanoines bleus, on posa la première pierre d'une église consacrée à la Vierge. Le roi, qui était polygame, renvoya ses femmes pour épouser religieusement une certaine Ñzînga Nlenza. Celle-ci fut baptisée le 4 juin par le chanoine Antoine de Lisbonne sous le nom de Doua Liollor, qui était celui de la reine du Portugal. Son fils Ñzînga Mvêmb’a, âgé de trente ans environ, prit au baptême le nom de Dora Afonso, d'après le nom du prince héritier du Portugal, D. Afonso (1370-1491).

 

Les Portugais aidèrent le nouveau roi chrétien Joâo 1er  à châtier les Anziques qui avaient fait une incursion dans la « province » de Nsundi, dont D. Afonso avait le gouvernement. Il nous semble certain que ces Anziques sont à identifier avec les ancêtres des Bateke actuels. Comme gage de la victoire sur les « infidèles », l'ambassadeur portugais Rui de Sousa remit au roi de Kôngo l'étendard de la Croisade que le pape Innocent VIII (1484-1492) avait accordé à jean II de Portugal par la bulle de Croisade « Orthodoxae fidei » du 18 février 1486. C'est probablement à cette occasion que les Kôngolais entendirent pour la première fois le cri de guerre des Portugais : « San Tiago » (Saint Jacques). Il s'agit de l'apôtre saint Jacques le Majeur, mis à mort l'an 42 par Hérode Antipas et dont le tombeau vénéré à Compostelle (nord-ouest de l'Espagne) était, après la Terre Sainte et Rome, le lieu de pèlerinage le plus fréquenté de la chrétienté médiévale. Saint Jacques était le patron des armées ibériques.  Après la victoire sur les Anziques, Rui de Sousa rentra au Portugal. Il était accompagné d'un ambassadeur Kôngolais, D. Pedro de Sousa, neveu du roi, et de plusieurs notables et fils de notables : D. Francisco, jean de sainte Marie (nu Kôngolais qui avait pris le none du supérieur des chanoines) Diogo Vaaz, Joâo Gonçalvez, et d'autres. Les Kôngolais arrivèrent à Lisbonne en 1492 ; ils furent hébergés au collège Saint-Eloi où un certain Martin Afonso leur apprit à lire et à écrire.

 

Les missionnaires restés dans la capitale durent bientôt constater que la véritable conversion au christianisme, le changement de mentalité, de moeurs et de vie, se heurtait à des habitudes invétérées et à la pression du milieu païen. Le roi Joâo I"' ne tarda guère à revenir à la polygamie et au fétichisme. Le chef de la réaction païenne traditionaliste était le gouverneur de Mpangu, 1vlpanzu Kitima, demi-frère de D. Afonso. Chef du parti chrétien progressiste,  D. Pedro de Sousa, revenu du Portugal en 1494, donna son appui à D. Afonso mais devant l'hostilité croissante de la capitale, celui-ci dut s'exiler dans sa province de Nsundi. Mbanza Nsundi, sur l'Inkisi, un peu en aval de l'actuelle Kisantu, devint alors le grand centre chrétien de l'Ancien Royaume.

 

 Joâo mourut en 1506. La royauté Kôngolaise n'était pas héréditaire, mais élective ; pourtant la coutume autorisait le roi mourant à faire connaître aux trois grands électeurs : Mani Vunda, Mani Mbata et Mani Soyo, le candidat qui avait ses préférences. A l'heure de sa mort, le roi Joâo 1er  malgré les pressions du parti de Mpanzu Kitima, exprima le souhait que son fils chrétien, D. Afonso lui succédât. Le roi mort, Mpanzu Kitima s'empara du pouvoir. Averti par sa mère, Dona Lionor, D. Afonso résolut de disputer le trône à son demi-frère païen. Avec 37 chefs et leurs hommes; il se dirigea en marches forcées vers la capitale, dans l'espoir de surprendre son adversaire. De nuit il entra dans la capitale. Le lendemain, Mpanzu Kitima attaqua son rival, mais il fut repoussé et au cri de « San Tiago » les chrétiens passèrent à la contre-attaque. Mpanzu fut capturé, jugé et exécuté. Son principal lieutenant Mani Vunda fut gracié et reçut le baptême sous le nom de D. Pedro,   Cette victoire de D. Afonso, bien inférieur en nombre à son adversaire, fut unanimement attribuée à une intervention visible et miraculeuse du ciel. En effet, après la bataille, les vaincus déclarèrent qu'au moment où les hommes de D. Afonso poussèrent leur cri de guerre « San Tiago », ils virent dans le ciel une croix blanche. Cette apparition leur causa une telle frayeur qu'ils se mirent à fuir. Cette justification de leur fuite trouva facilement créance, tant auprès des autres Kôngolais qu'auprès des Portugais du Kôngo et du Portugal. Dans une lettre du 5 octobre 1514, D. Afonso écrivit au roi Manuel de Portugal qu'il avait voulu envoyer à Lisbonne « D. Pedro (Mani Vunda) qui était notre ennemi et qui était à la tête de troupes nombreuses pour nous combattre, quand, 'dans le ciel apparut une croix qui les paralysa, de telle manière qu'ils n'eurent plus le courage de combattre. Alors ce D. Pedro devint chrétien avec beaucoup d'autres, à cause du miracle que tous virent » (2).

 

 Après son avènement, D. Afonso envoya à Lisbonne son fils D. Henriqué. Le futur évêque, et son neveu D. Rodrigo de Santa Maria. Ceux-ci ne manquèrent pas de raconter l'apparition « miraculeuse », suscitant le pieux enthousiasme de la cour et du Portugal, et en décembre 1508, une nouvelle caravane de treize chanoines bleus s'embarqua pour le Kôngo. Parmi eux il y avait les trois « anciens » : Jean de sainte-Marie, Rodrigo de Dieu et Vincent des Anges, qu'on avait surnommé « Vincent de Mani Kôngo ». Après leur arrivée dans la capitale, le roi D. Afonso envoya au Portugal son neveu D. Pedro de Sousa, qui comme en 1492, était accompagné de sa femme (la première Kôngolaise à visiter l'Europe 1).

 

 Au Portugal l'imagination avait ajouté à l'« apparition » de la croix, celle de saint Jacques conduisant à l'attaque des cavaliers célestes. L'« apparition » de San Salvador rappela à la crédulité portugaise celle du Christ crucifié à D. Afonso Henrique, le premier roi de Portugal (1126-1185), lors de la bataille d'Henrique contre les Maures (25 juillet 1139). On évoqua aussi l'apparition de la croix à Constantin le Grand lors de sa bataille contre Maxence au Pons Milvius (28 octobre 312) telle que l'avait racontée Eusèbe de Césarée.

 

Que penser de cette soi-disant intervention du ciel en faveur de D. Afonso : apparition de la croix, de saint Jacques, d'anges sous forme de cavaliers armés ? Pour l'historien comme pour le théologien vaut l'adage « Miracula non surit multiplicanda sine necessitate » (Ne multiplions pas les miracles sans nécessité). Nous ne pouvons donner ici toutes les raisons qui nous font rejeter le caractère miraculeux de la victoire de D. Afonso. Objectivement l'apparition de la croix, visible aux seuls vaincus, offrait ruse excuse honorable de leur fuite. Parmi les adversaires de D. Afonso, il y eut certainement des baptisés restés superstitieux et donc inquiets. Le cri de guerre « San Tiago » des chrétiens a dû les troubler plus encore. Il se peut que certains aient vraiment cru voir une apparition. Les .Portugais avaient transmis aux Kôngolais chrétiens et aussi, indirectement, aux païens la tendance à voir partout du merveilleux. L'imagination populaire et la crédulité excessive firent le reste. C'est de bonne foi que D. Afonso, D. Manuel et leurs sujets ont ajouté foi à l'« apparition » de San Salvador. La bataille de San Salvador est un fait historique de grande importance, non pas à cause de l'« apparition » mais à cause de la victoire d'un grand roi chrétien, ouvert et « progressiste ».

 

 

 

L'octroi des armoiries.

 

La cour de Lisbonne, qui avait conservé vivant l'esprit des Croisades, vit dans la victoire « miraculeuse » du roi D. Afonso une invitation pressante à réaliser en Afrique centrale l'établissement d'un grand royaume chrétien. Dans la conception de l'époque, cette christianisation comportait aussi la « portugalisation » du royaume. Aux points de vue politique, administratif et ecclésiastique le Kôngo serait organisé sur le modèle du Portugal. Les « Ordinaçôes Manuelinas » (le code de Manuel 1er , imprimé à Lisbonne en mai 1512) seraient introduits aussi bien au Kôngo qu'au Portugal. Pour réaliser cette « portugalisation », estimée inséparable de la christianisation, D. Afonso serait assisté d'un ambassadeur portugais permanent. Pour cette fonction délicate, le choix du roi s'arrêta sur Simâo da Silva, chevalier de l'Ordre du Christ. Le roi lui confia le commandement d'une flotte de 5 navires qui en 1512 se rendit au Kôngo, emportant tout ce qu'il fallait pour équiper les églises, les écoles, le palais royal, etc. Le roi de Portugal remit à l'ambassadeur une lettre de créance et une longue instruction (Regimento) (3). A cette occasion, il envoya aussi à D. Afonso des armoiries royales, un sceau royal, un étendard royal, et une vingtaine de blasons à conférer à ceux de ses « fidalgos » (gentilshommes) qui s'étaient particulièrement distingués à la bataille de San Salvador. Voici ce que Simâo da Silva devait dire au roi au sujet des armoiries Vous lui direz que, en perpétuel souvenir de ses faits glorieux et du début de sa conversion et de la connaissance de notre sainte foi dans ses royaumes et aussi du miracle qu'accomplit Notre-Seigneur pour lui dans la bataille qui eut lieu lors de la mort de son père, nous estimons qu'il convient de lui envoyer la lettre d'armes que vous emportez. Qu'il la signe et par elle, dans ses royaumes et aussi ici, en tout temps se sauront ses grands faits, qui sont dignes de grand honneur et de louange devant les hommes. Et (vous lui direz) que les armes que nous lui envoyons ainsi, tous les princes chrétiens ont la coutume de les porter, selon la signification que chacun d'eux choisit, afin que par elles, ils soient reconnus et que se sache leur origine (noble). Qu'il les adopte avec la même bienveillance avec laquelle nous les envoyons. Nous espérons en Notre- Seigneur qu'il puisse s'en servir de nombreuses années et qu'elles passent à ses successeurs et restent à jamais dans sa lignée.

 

Comme il est dit, les rois ont la coutume de les adopter pour eux-mêmes ; celles que portent leurs vassaux leur sont octroyées par eux, par des lettres signées par eux, afin qu'elles restent à leurs descendants, en souvenir des mérites et services de la personne à qui elles furent octroyées ; grâce à cette personne, cet honneur passe à tous ses descendants et ils en jouissent pour toujours » (4).

 

Au sujet du sceau armorié, l'ambassadeur reçut l'instruction suivante : « Au sujet du sceau portant les armes (royales) et de la signature que nous lui envoyons, vous direz comment nous avons la coutume de nous en servir comment nous scellons et signons les lettres accordant des bienfaits et des privilèges aux gentilshommes et aux personnes qui nous servent bien, et aussi les autres documents destinés à nos tribunaux, et les autres ordres que nous adressons au royaume » (5).

 

L'ambassadeur devait aussi expliquer l'emploi des bannières royales : « En lui remettant les bannières que nous lui envoyons, vous lui direz comment on s'en sert en temps de guerres et qui les porte et comment celui qui les porte est nommé « alfarez » et comment il y a un « alfarez moor » (un porte-drapeau en chef) qui est le plus important, et qui a un autre « alfarez » inférieur, qui porte la bannière pour lui. Et (vous lui direz) comment la bannière du Christ va devant et que la bannière avec les armes royales se trouve toujours près de la personne du roi » (6).

 

En envoyant des armoiries au roi de Kôngo. Manuel 1er  ne fit que répéter le geste de son prédécesseur jean II. En effet, le 7 novembre 1488, jean II avait anobli le prince Bemoin du Benin (Nigéria), baptisé quelques jours auparavant à Sétubal. Il lui avait accordé les armoiries suivantes : sur un champ de gueules une croix d'or, l'écu étant bordé des cinq écussons du Portugal (7).

 

 

 

 

La promulgation des armoiries royales.

 

Simào de Silva et l'ambassadeur Kôngolais D. Pedro de Sousa s'embarquèrent sur le « Gaio » qui transportait les présents destinés au roi de Kôngo. Suite à diverses intrigues, l'ambassadeur portugais s'attarda à Mpinda; s'étant finalement mis en route pour la capitale, il mourut à mi-chemin. Sa mort provoqua de nouvelles difficultés, plusieurs Portugais briguant sa succession. Finalement le chargé d'affaires (feitor) Alvaro Lopes remit à D. Afonso les armoiries et les documents qui s'y rapportaient. Il lut attentivement les « Ordinaçoes Manuelinas » ; mais il vit bien qu'il lui était impossible d'amener ses sujets à observer cette législation européenne. Tous encouraient chaque jour tant de contraventions que le roi aurait plus de peine à les juger et appliquer les sanctions prévues qu'à gouverner ses royaumes. Un jour, au Portugais Balthasar de Castro, envoyé auprès de lui en 1516 par Manuel 1er, il demanda en riant « Castro, au Portugal quelle amende donne-t-on à celui qui met les pieds par terre ? » (8). Si D. Afonso estimait à bon droit que la législation portugaise ne pouvait être introduite telle quelle au Kôngo, il adoptait beaucoup d'usages de la cour et dé la chancellerie portugaises.

 

 C'est ainsi qu'il accepta les armes royales envoyées par Manuel 1er. Le chroniqueur humaniste Damiaô de Gois (1502-1574), dans sa « Chronica do Serenissimo Senhor Rey Dom Emmanuel », nous a conservé la proclamation rédigée par la chancellerie portugaise, que le roi de Kôngo devait, adresser à ses peuples pour annoncer l'octroi des armes royales et celles destinées aux notables (9). Ce document ne donne pas une description de ces armes. Celle- ci se trouve dans le décret royal, adressé « à tous les fidèles et infidèles », par lequel D. Afonso proclama solennellement l'adoption des armes royales. De cet acte officiel, rédigé aussi à Lisbonne et conservé en deux copies (10), nous traduisons la description et l'explication des armoiries royales. (Fig. 2, hors-texte).

 

 

 

Description des armoiries royales.

 

 

 « Le champ de gueules et le chef de l'écu d'azur. Dans le chef : une croix d'argent endentée et dans chaque canton du chef deux coquilles d'or ; et une pointe d'argent avec un des cinq écussons de Portugal, que est d'azur, avec cinq besants d'argent en sautoir, et de chaque côté de l'écusson se trouve une idole de sable, brisée et la tête en bas. Sur le champ de gueules se trouvent cinq bras armés avec des épées tirées aux mains, avec les poignées dans la main. Et le heaume d'or ouvert ; et dans le cimier une couronne royale ; et dans le timbre les cinq bras avec leurs épées, qui sortent de la couronne, avec ses lambrequins d'or et de gueules.

 

 Le champ de gueules signifie le sang qui se versa abondamment dans la bataille que nous livrâmes ; le chef de l'écu d'azur avec une croix d'argent signifie cette croix blanche qui dans bataille fut vue dans le ciel, qui est d'azur ; la croix enhendée à cause de la victoire qui s'obtint ainsi contre les ennemis comme sur le diable ; les coquilles sont l'emblème de saint Jacques que nous invoquâmes là-bas et qui nous secourut ; un des écussons de Portugal, en signe que le Portugal posa les fondements de la foi que nous avons en Notre- Seigneur, de qui nous vint notre rédemption. Et les deux idoles de sable brisées autour de cet écusson de Portugal signifient que ce royaume fut la cause que les idoles furent brisées et détruites ; sur le champ de gueules les cinq bras armés pour signifier les hommes armés qui furent vus dans le ciel venir à notre aide et qui étaient des anges. Et ils sont au nombre de cinq en honneur des cinq plaies de Notre-Seigneur, Jésus-Christ, par lesquelles il nous sauva » (11).

 

 Cette description correspond parfaitement au dessin qu'a fait des armoiries royales du Kôngo le calligraphe et enlumineur portugais Antonio Godinho dans son « Livro da Nobreza e per[eiçâo das armas dos reis christaos e nobres linhagens do reino e senhorios de Portugal » (Livre de la noblesse et constitution des armes des rois chrétiens et des nobles familles du royaume et seigneuries de Portugal). Cet armorial, un précieux codex en parchemin, conservé aux archives de Torre de Tombo (Lisbonne), fut achevé avant 1534. Le dessin des armoiries royales du Kôngo porte la légende : « Rei de Mani Kôngo », roi de Mani Kôngo. « Mani Kôngo » signifie : chef de Kôngo, mais par erreur, les Portugais auraient pris « Mani Kôngo » dans le sens (le « royaume de Kôngo ».

 

 Cette inscription ne figurait pas dans les armoiries ; en effet, Pigafetta- Lopez attestent : « Ce roi, pas plus que ses seigneurs, n'a coutume d'avoir, comme en Europe, des devises dans l'écu ou autre chose de semblable ni des lettres ou inscriptions » (12). Le chroniqueur portugais Joào de Barros (1496- 1570), dans la Decada I de son ouvrage « Da Asia. Dos [eitos que os Portuguezes Fizeram no descobrimento e conquista dos mares e terras do Oriente » publiée en 1552, donne lui aussi une description exacte des armoiries royales (13). De même, Jeronimo Osorio (1506-1580) dans son « De rebus Emmanuelis regis Lusitaniae... libri XII », Lisbonne 1571 (14).

 

 De nos jours encore à Luanda on peut voir les aunes royales du Kôngo sur un « azulejo » (carrelage de faïence au dessin bleu sur fond blanc), de l'église Nossa Senhora de Nazaré où fut enterré le roi de Kôngo D. Antonio 1er (1661-1665), après sa défaite à la bataille de Mbwila (29 octobre 1665). Une autre reproduction des armes royales se trouve dans A. Cavazzi, Istorica descrizione de tre regni Kôngo, Matamba et Angola, Bologne, 1687, libro II, par 101. D'après les traditions orales recueillies sur place, le missionnaire capucin raconte que « au moment de la bataille contre Mpanzu Kitima, on vit à côté de D. Afonso une Dame revêtue d'un manteau resplendissant de lumière et un cavalier armé, portant sur la poitrine une croix rouge. D.Afonso fut le premier roi à adopter des armoiries et il y mit cinq épées » ( I5). Les armoiries reproduites dans l'ouvrage de Cavazzi, p. 274, (fii1. 3), sont fictives ; elles sont inspirées de la description du sceau royal, donnée par Lopez-Pigafetta, et du signe distinctif des chevaliers de l'Ordre du Christ : la croix rouge, transpercée par la flèche de saint Sébastien (16). Se basant sur la copie incomplète du décret promulguant les armoiries Kôngolaises, conservée à Evora (17), André L'Hoist, L'ordre du Christ au Kôngo, Louvain, 1936, a essayé de reconstituer les armoiries Kôngolaises ; mais cette reconstitution est très déficiente. (Fig. 4).

 

 Encore un mot sur les coquilles qui figurent dans les armoiries Kôngolaises comme emblème de Saint-Jacques-de-Compostelle. Ce haut-lieu de pèlerinage du Moyen Age est situé à quelques km de la mer. Tout naturellement les nombreux pèlerins se régalaient des mollusques que les pêcheurs de la côte venaient y vendre. Rentrant chez eux, ils emportaient une coquille attachée à leur chapeau ou à leur sac de voyage. Cette coquille était plus qu'un souvenir à montrer aux parents et amis restés chez eux ; c'était aussi un signe de reconnaissance leur assurant la bienveillante hospitalité en cours de route. Cet insigne des pèlerins passa à saint Jacques lui-même : dès la deuxième moitié du XI ème siècle, le saint fut représenté en pèlerin portant la coquille. Celle-ci devint donc emblème de l'Apôtre universellement vénéré (18). L'introduction des coquilles dans les armes Kôngolaises fut d'autant plus facile que celles-ci avaient fait leur apparition dans les armoiries dès la naissance de l'héraldique vers le milieu du XII" siècle (19). Après sa victoire, D. Afonso fit construire dans la capitale une église dédiée à saint Jacques et la fête de l'Apôtre (25 juillet) devint la grande fête nationale de l'Ancien Royaume.

 

 Les armoiries Kôngolaises portent encore dans la pointe, un des cinq écus- sons portugais. Comme on peut le voir encore sur la célèbre inscription du rocher de Matadi, gravée par Diogo Câo, lors de son exploration du fleuve en 1487. (fig. 5), le blason portugais était constitué de cinq écussons disposés en croit, portant chacun cinq besants, eux aussi disposés en croix. Les besants proviennent d'une ancienne monnaie byzantine. Dans les armoiries du Portugal. le nombre cinq (cinq écussons, cinq besants) symbolisait les cinq plaies du Christ apparu, d'après Ia croyance, au premier roi de Portugal Afonso Henriques. Par l'insertion d'un écusson portugais dans les armoiries du Kôngo. Manuel 1er voulut reconnaître les mérites de D. Afonso pour la défense de la foi chrétienne et donner, à lui et à ses successeurs, un gage d amitié et de protection.

 

 Le chroniqueur des chanoines bleus, Francisco de Santa Maria, dans son ouvrage « O ceo aberto na terra » (Le ciel ouvert sur la terre), publié à Lisbonne en 1697, affirme que les émaux du chef (la croix d'argent sur champ d'azur) ont été choisis pour rappeler les couleurs de l'habit des chanoines bleus. Il y voyait un argument en faveur de sa thèse que ses confrères avaient été les premiers missionnaires de l'Ancien Kôngo (20). Cette affirmation est dénuée de valeur : pour figurer l'apparition d'une croix dans le ciel, il fallait bien prendre une croix d'argent sur champ d'azur.

 

 

 Le sceau royal envoyé par Manuel I fut également utilisé à la cour de San Salvador. Voici une attestation du temps d'Alvaro 1er (1568-1587). 14 septembre 1584 débarquèrent à Luanda trois Carmes Déchaussés : Diego du T.S. Sacrement ; Diego de l'Incarnation et Francisco de jésus El Indigno Ils informèrent le roi de Kôngo de leur arrivée, Le roi Alvaro 1er leur souhaita la bienvenue dans une lettre du 28 septembre. A la réception de cette lettre, les missionnaires, espagnols, virent non sans étonnement qu'elle était munie d'un sceau représentant cinq épées. Dans une relation sur son séjour au Kôngo écrite vers 1589, le P. Diego du T.S. Sacrement note que les cinq épées étaient celles des armoiries adoptées par les rois antérieurs. Il croit  à tort  que le nombre des épées correspond aux cinq écus du Portugal (21). Il ne nous parle pas des armoiries proprement dites. Pour expliquer les motifs héraldiques du sceau royal, Lopez-Pigafetta nous donnent une version déjà très déformée de l'« apparition » de San Salvador : « Chacun vit, tracées dans le ciel, cinq épées très brillantes et claires, qui pendant environ une heure, restèrent fixes, formant un cercle... Ces épées, le roi les prit comme emblèmes ainsi qu'off peut le voir sur son sceau royal, employé depuis ce moment et dont se sert encore le roi qui vit et règne actuellement » (22).

 

 

                       La planche représentant le royaume de Kôngo, dans l'édition originale de 1591, de Lopez-Pigafetta, donne en cartouche le blason de Dom Alvaro 1 cinq glaives entourant une croix. C'est la reproduction non des armoiries royales   mais du sceau armorié. Nous n'avons pas trouvé d'informations concernant l'octroi d'armoiries aux chefs qui avaient accompagné D. Afonso à la capitale. Cependant la titulature féodale européenne (ducs de Nsundi, de Mbamba, de Mbata; comte de Soyo, marquis de Mpangu, de Mpemba) semble bien avoir été introduite  du temps de D. Afonso (23).

 

 

(1) Pour de plus amples informations, on peut consulter :  G. D'HAUCOURT - G. RIVAULT. Le Blason, (Que sais-je t No 336) Paris, 1949 ; T. VEYRIN-FORRER. Précis d'héraldique. (Arts, styles et techniques), Paris 1951.

 

(2) A. BRASIO, Monuanenta   missionaria Africana, t. I, Lisbonne, 1952, p. 301. --

 

 (3) Ibid., pp. 228-244. -- (4) Ibid., pp. 232-233. --- (5) Ibid., p. 235. -- (6) Ibid., pp. 235-236

 

(7) A. BRASIO, Monumenta  missionaria  afvicana, 2 a Serie, t. I, Lisbonne, 1958,

 pp. 540-541.

 

(8) DÀMIAO DE GOIS, chronica do Serenissimo Senhor Rey Dom Emmanuel A.  BRASIO, Monumenta missionaria africana, t. T, Lisbonne, 1952, pi), 374-375.

 

(9) Ibid., pp. 260-265.

 

(10) Une copie se trouve à la Biblioteca National de Lisbonne : BRASIO, o.c., t. I, pp. 250-269 ; une autre, incomplète. est conservée à la Biblioteca e Arquivo distrital  de Evora : BRASIO, o.c., t. I, p. 266-269.

 

(11) BRASIO, o.c., t. I, pp. 258-259. Ce document a aussi été publié par A. BRASIO, C Brazdo de armas do rei do Kôngo. Portugal est Africa, IV (1947), 105.

 

(12) E. PIGAFETTA - D. LOPEZ, Description du Royaume de Kôngo et des Contrées environnantes 1591. Trad. W. BAL (Publications (le l'Université Lovanium de  Léopoldville) Louvain - Paris, 1962, p. 146.

 

(13) BRASIO, o.c., t. I, p. 146 - 147. J. (le Barros ne décrit que l'écu, sans les ornements  extérieurs.

 

(14) Nous avons consulté la traduction portugaise de FRANCISCO MANUEL DONASCIMENTO, Daa vida e feitos de El-Rey  D. Manuel (Biblioteca historica de Portugal e Brasil) t. 11, Porto, (1944) pp. 88-90.

 

(15) A, CAVAZZI, Istorica Descrizione.... t. II, par. 101, p. 273.

 

(16) Instruction envoyée par Alvaro III à son ambassadeur à Rome, Mgr J.B. Vives, le 25-10-1617: «Che si li conceda un ordine militare... Che l'habita et insignie sia una croce rossa di Christo con una spada atraverso da un latro a l'altro  et  una freccia dall'altra parte pur traversata, elle sono le armi et insignie delli  Re di quel regno. » BRASIO, o.c., t. VI, p. 292. –

                   

 

 

 

 

 

 

Rendre sa véritable identité au Kôngo

 

 

 

En Décembre 1997, Chéri Samba crée un tableau intitulé : « Falsifier  un nom, c'est dénaturer son porteur » (dont nous reproduisons ci-dessous le texte)

 

Il aura fallut attendre près de 500 ans, pour qu’enfin soit rétabli une réalité historique que la plupart des historiens Kôngolais ou occidentaux  semblent ignorer puisque dans nombre de leurs ouvrages, qui se veulent de référence, ils font  cette erreur et bien d’autres. Alors nous posons cette question, quand allez-vous faire votre travail sérieusement et pas uniquement perpétuer la falsification dégradante qu’une "élite" occidentale rétrograde, il y a quelques siècles,  vous a imposée ? 

 

Il serait temps de mettre fin à l’entreprise d’occultation volontaire de l’histoire authentique des Africains, ainsi qu’à la minimisation de l’histoire des  grands empires et royaumes prospères et opulents d’Afrique.

 

 

Falsifier  un nom, c'est dénaturer son porteur

 

L'une des causes de nos souffrances au Congo provient de ce que les Occidentaux ont dénaturé les noms en changeant leur orthographe.

 

Je me suis donc vu dans l'obligation d'engager ce combat culturel hautement symbolique afin d'essayer de sauver ce qui reste à sauver. J'invite tout le monde à bien réfléchir sur ce thème en se fondant sur ce qui est écrit dans ce tableau.

Chéri Samba.

 

Falsifier un nom, c'est dénaturer son porteur et ses génies ancestraux lui tournent le dos.

 

Samba signifie : explorer, acquérir, prendre possession. Mais quelqu'un vient et dit qu'il faut prononcer ce nom comme zamba, alors tout change, parce que zamba indique le nid d'un oiseau ou d’un rat. Il suffit donc de changer une seule let­tre a un nom pour dénaturer le porteur de celui- ci.

 

L'européen arrive en Afrique (Afelika) en 1482. Il y trouve un pays authentique du nom original de Kôngo qui signifie : cercle, univers, centre universel.

 

C'est peut-être cela qui explique la position stratégique de ce pays en Afrique centrale et dont le nom se retrouve d'ailleurs dans presque toute l'Afrique centrale

 

- au Gabon : Mikongo, Kôngo dia mbumba.

- chez les Mboshi : 1-Kongo-Lo, Okongo.

- A Ubangi (chez les Ngombe : Akongo.

- A Tshuapa (chez les Anamongo) : Okongo, Losikongo, Okitakongo, Iyalakongo, Bokongola.

- Au Kasaï : Kikongo (village), Mikongo, Nkongolo.

- Au Katanga : Kongolo, Tukongo.

 - En Zambie : Lunde Tukongo.

- Au Ruanda : Gi-Kongo- Ro.

- Province orientale : Kongoliso.

- Ailleurs : Hong- Kong, Vietkong, Khongor (mongolie),  

                                         Mekong (Thaïlande), Kong-Frederik,

                                         Kong-Christian (Danemark)

- En Egypte (d'ou est venu ce nom) : Kongo-Ka (un esprit divin) tel que l'ont trouvé les colonisateurs, ce nom a gardé son orthographe, son authenticité, même dans les écrits (archives) Britanniques, Allemands, Portugais, Espagnols,Bel­ges, Néerlandais.

 

Donc Kôngo signifie : cercle, univers,           

 

Kôngo, c'est le centre de l'univers qui contient tout. Et Dieu si vous voulez. Oh sacré kôngo...!!

 

Dès lors, la France peut ­elle nous donner le sens étymologique du nom Congo (avec c) qu'elle a imposé aux peuples du pays Kôngo ???

 

Je pense qu'elle ne le peut. Concluons alors à une simple aliénation culturelle.

 

Il en est de même du nom Zaïre qui est une mauvaise prononciation du nom Nzadi (Qui signifie fleuve) par l'explorateur Diego-Cao et que par un orgueil sot Mr Mobutu avait substitué à ce pays Kôngo.

 

Pendant tout son règne de 37 ans, Mr Mobutu (chassé du pouvoir en mai 1997 par Mr Kabila & l'afdl) n'a jamais donné la signification naturelle de ce nom Zaïre car en fait il ne signifie rien du tout

 

Alors, quoi d'étonnant si nos génies ancestraux nous tournent le dos dans nos prières, dans nos difficultés car nous continuons à accepter la falsification de notre authenticité.

 

* - Tukala ngindu n'kangu a Kôngo.

* - Soyons conscients peuples Kôngolais.

 

 (Ce tableau marque les 41 ans d'age et les 25 ans de carrières de l'artiste Chéri Samba wa Msimba N'Zinga Nuni-Masi­ Ndombasi David).

 

 Ce tableau sera prochainement mis en ligne.