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© Kôngo Avenir, comité de soutien de  Son Altesse Royale, le  Prince Yves  M. ne Kôngo Ñzînga Mvêmb’a   

 

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Et si les Congolais se prenaient en main ?

 

De la marginalisation de la R.DC. à la renaissance du Kôngo

 

Non à l`aide internationale et à la charité !

 

La fin du sous-développement est possible !

 

 

Interview de

 

Son Altesse Royale Le Prince Yves Kôngo,

 

Banquier et Homme politique

 

  

Propos recueillis par  Mouftaou Badarou

  

Né à Kinshasa, Son Altesse Royale le prince Yves Kôngo est chef des maisons royales kôngolaises, descendant des rois du Kôngo, notamment de Sa Majesté le Roi Alphonse 1er Ñzînga Mvêmb’a (1455-1543) (Mani Kôngo), qui a régné sur le royaume du Kôngo de 1506 à 1543, à une époque où celui-ci s’étendait bien au-delà des frontières imposées par la conférence de Berlin (1885).

 

Ce juriste, ayant également reçu une formation de haut niveau en relations internationales, est avant tout un homme moderne, tourné vers l’avenir, entièrement dévoué à la cause de son peuple. Homme discret et réservé, il allie une parfaite connaissance des rouages des sociétés occidentales à la sagesse et l’élégance d’une tradition Congolaise ancestrale dont il est passionnément épris. Actuellement Directeur général Monde de la Compagnie Royale d’Investissement, basée à Hong-Kong, il est aussi Grand Chancelier de la Black World Foundation-Organisation Mondiale Africaine

La Black World Foundation travaille à donner une image positive et moderne de l'Afrique et de sa diaspora, à promouvoir la culture de l'Afrique et de sa diaspora, dans sa double dimension historique et contemporaine. Elle a pour mission de montrer combien elles ont contribué et continuent à contribuer au progrès des sociétés humaines. Elle apporte au public des informations vitales sur les communautés Africaines et favorise les échanges entre la communauté Congolaise et les autres communautés. Depuis 2006, elle attribue des bourses d’étude récompensant les étudiants Congolais ayant déjà fait preuve d’excellence dans leurs disciplines.

 

Qui a le privilège, rare, de s’entretenir avec le prince Yves Kôngo ne peut être que frappé par le dynamisme et l’acuité de son analyse sans complaisance de la situation du continent dans le marasme international actuel.

     - Votre Altesse Royale, dans une interview récente sur une radio panafricaine, vous avez affirmé que la R.D.C se trouve actuellement dans un état « d’aliénation mentale ». Cette expression n’est-elle pas trop dure ? Qu’entendez-vous par là ?

 

Elle correspond à la réalité.  Les Congolais, ainsi que beaucoup d`Africains ne s’identifient plus à leur propre culture, assimilée par les médias et les livres d’histoire à des pratiques folkloriques et à quelques vitrines du Musée du Quai Branly. Ils mettent leur idéal à se fondre dans la culture des autres peuples qui n’ont plus conscience de ce qu’elles doivent à l’Afrique millénaire, pillée sans vergogne depuis des siècles. Les Congolais ont perdu la capacité de développer de véritables leadership, de jouir de leur terre, et, ce qui est pire, ils ont perdu jusqu’à la conscience de leur dignité et de leurs richesses. Les Congolais qui ferment les yeux sur cette réalité sont en état d’aliénation mentale. Ceux qui baissent les bras devant ces faits sont soit des inconscients, soit des complices. Les Congolais doivent briser les chaînes qu’ils ont encore dans la tête. Après six siècles d`esclavage, il est urgent qu’ils prennent en main leur destin. Il faut que le Congolais cesse de se considérer comme une victime et qu’il agisse. Ils sont des millions. S’ils avaient consciences de leur force et se mettaient pacifiquement en marche les choses changeraient sans qu’ils aient à ouvrir la bouche.

 

   - Que proposez-vous pour libérer l’éléphant enchaîné ?

 

Avant toute chose, il faut le réveiller. Cela passe par le refus de laisser piller les richesses de la R.D.C. par des puissances étrangères. Je prône la fin des dépendances.

 

      - Pourquoi le Congo Démocratique est il en panne ?

 

Il est temps d'établir un véritable système vasculaire reliant le Congo Démocratique et le reste du monde. L'histoire du Kôngo  et de sa diaspora, sa contribution historique et contemporaine au progrès de l'humanité, restent largement méconnues. Il s'agit d'un savoir occulté. Il est urgent de renverser cet état des choses. 

 

Le pire ennemi de la R.DC. et de sa diaspora est l'absence d'une image positive qui laisse la porte ouverte à la caricature qu’en véhiculent constamment de nombreux medias.

 

Il est temps que les Congolais reprennent leur destin en mains de façon digne et responsable.

 

Aujourd'hui, le temps est venu de promouvoir une image moderne de notre continent. En Occident, l'éducation publique n'a toujours pas une approche claire concernant les questions de l'esclavage. Qui se souvient qu’il fut encouragé dans une bulle du pape Nicolas V au XVe siècle, autorisant les Portugais à «… réduire[les Africains] en servitude perpétuelle» ?

 

Encore aujourd'hui, de grands tirages européens publient des textes qui déclarent que «l'Afrique n'a jamais contribué au progrès de l'humanité.» Ces exemples de racisme ouvert restent sans réponse, principalement parce que les informations prouvant le contraire sont inaccessibles au grand public.

        

 Votre Altesse Royale pourquoi a-t-on et continue-t-on à falsifier l`histoire Africaine et notamment Congolaise ?

 

Les pays du Nord investissent beaucoup d’argent en recherches de toutes sortes dans le but de comprendre et aussi d’exploiter à leur compte le génie de l’Afrique pharaonique.

 

Après les Grecs anciens (Pythagore, Socrate, Platon, Aristote, Archimède, Euclide, Thalès, Épicure, Héraclite, Hippocrate…) qui y puisèrent beaucoup d`éléments de leurs sciences, de leurs arts, de leur religion pour créer à leur tour une civilisation abusivement qualifiée de «miracle grec», cette terre pharaonique aux XVIIIe et XIXe siècles, fut à nouveau le théâtre d’une véritable ruée vers le génie-nègre et simultanément l’objet d’un pillage systématique de la part de certains pays, lesquels ont vu fleurir des musées d’antiquités négro-pharaoniques. A titre d`exemple on peut rappeler que l’un de ces illustres voleurs fut Jean-François Champollion, l’homme même qui acheva le déchiffrement des hiéroglyphes. Mais l’histoire ne veut surtout pas retenir que c’est lui qui a songé que l’un des deux obélisques du temple de Louxor ferait sensation sur la place de la Concorde à Paris !

Les monuments pharaoniques, traces concrètes du grand génie nègre, qu’ils soient érigés sur les places publiques ou exposés dans des musées, font la gloire et le prestige de grandes villes occidentales.

 

L’attrait spirituel, scientifique, intellectuel, culturel exercé par ce puissant royaume Africain dont la longévité s’est étalée sur plus de 5000 ans est demeuré intact à travers les âges.

 

Comment comprendre le désintérêt des principaux concernés, à savoir la diaspora Africaines qui abandonne à d’autres un héritage qui devrait lui servir de référence et de source d’inspiration ?

 

Le manque d’information sur la véritable histoire des Africains pourrait être évoqué ; carence d’information qui très souvent relève d’une entreprise d’occultation volontaire. L’Afrique, telle qu`elle est représentée dans l`esprit de ses enfants, se limite à la période précoloniale et coloniale, c’est-à-dire une Afrique en phase de déclin, concomitante à la colonisation.

 

L’Afrique pharaonique, scientifique, intellectuelle et politique, avec son rayonnement mondial, est presque totalement ignorée, passée sous silence. La grande avance de cette Afrique par rapport à toutes les autres civilisations de la même époque est tue. Pourtant, les études sur l`antériorité des civilisations nègres entreprises par le grand écrivain et physicien sénégalais Cheikh Anta Diop (1967) l`attestent. Que les civilisations, notamment occidentales et arabes, soient les héritières de cette Afrique n’est presque jamais mentionné. Il est rare qu’on en débatte, sinon à coups de préjugés et de propos de comptoir, et ce même dans des cercles très spécialisés, où les a priori ne manquent pas. Les implications d’un tel fait historique sont pourtant lourdes de conséquences : des peuples entiers ont fini par intégrer l’idée – fausse – qu’ils n’ont jamais rien inventé, qu’ils sont par conséquent incapables d’inventer quoi que ce soit.

 

L’histoire des autres grands empires prospères et opulents Africains est très peu connue, ou minimisée : Zimbabwe (IerXVe s. soit 1500 ans d’existence au moins), Ghana (IIIe -XIIIe s. soit 1000 ans d’existence au moins), Songhaï (époque pharaonique – XVIe s. soit au minimum 2200 ans si l’on tient compte du fait que c’est au VIe s. sous Cambyse II, roi des Perses, que le royaume négro-pharaonique perd définitivement sa souveraineté et disparaît), Mali (XIe –XVIIe s. soit 600 ans d’existence), Kôngo (IXe – jusqu’au milieu XVIIIe s, période qui marque le début de son déclin, soit 900 ans d’existence) et sans compter le royaume du Nigeria, du Bénin…

 

Or, ces empires et royaumes au plan politique étaient presque toujours des fédérations, des États transafricains ayant réalisé une unité de peuples d’Afrique sur la base de l’histoire, de la culture, de la religion, et ayant convenu d’une langue commune qui coexistait avec les autres langues locales. Tout ceci implique deux choses : d’abord, que l’unité des peuples Africains n’est pas un fait sans précédent de l’histoire; ensuite, que des modèles gagnants y ont déjà été appliqués avec succès.

 

 

       Une union Africaine est elle possible ?

 

L’unité de tous les Africains, ou disons-le autrement, d’une civilisation Africaine aux implications économiques et politiques, est une urgence absolue, l’ultime moyen de faire face, de contrer les mille formes d’agressions que subit systématiquement le continent. Est-il besoin de rappeler que l’une des grandes «puissances» actuelles est elle-même une fédération : les «États-Unis d’Amérique»? Est-il besoin de rappeler, au-delà des termes techniques, que l’Europe est en train de prendre la forme d’une fédération, d’un empire qui ne cesse de s’étendre? Faudrait-il répéter que jusqu’à il y a peu l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques était la première superpuissance du monde ? Les leçons de l’histoire montrent qu’il n’y a finalement de rayonnement que par l’unité, de force que par l’union, de puissance que dans la fédération (qui ne doivent pas être confondues avec l’uniformité). «L’union fait la force».  A nous de prouver que l’adage ne ment pas…

 

Mais pour en revenir au continent, si les enfants de pharaon et surtout ceux de la diaspora ne puisent dans l’information disponible, accessible –contrairement au vide relatif existant dans ce domaine sur le continent – s’ils ne s’investissent pas ou trop peu, ne se documentent ni ne s’instruisent sur l’histoire scientifique, politique, militaire, économique, religieuse de l’Afrique, comment espérer trouver des issues originales et non aliénantes à l’impasse dans laquelle le continent se trouve aujourd’hui et mon pays en particulier ? Ceux qui vivent à l’extérieur du continent sont mieux placés que quiconque pour témoigner de la marginalisation planifiée et organisée du peuple noir !

 

       Votre Altesse Royale, pourquoi beaucoup d’Africains et de Congolais en particulier  ont-ils honte d`être noirs ?

 

Récemment sur les ondes d’une grande radio, un universitaire Africain estimait et tentait de démontrer que la science, la connaissance, n’est pas bonne pour les Africains : « Après tout, qui se préoccupe de cette histoire de l’Égypte noire » ? Pourquoi essayer de réactualiser l’histoire scientifique de l’Afrique ? Non, non, il faut laisser ça de côté ! « Une histoire romanesque » faite de « mythes » nous conviendrait parfaitement dès lors qu’elle serait bien vécue par les peuples (« la reine de Saba qui a épousé Salomon était Africaine »).

 

Voilà ceux à qui l’on donne la parole. Et on peut aussi se demander pourquoi tant de noirs serviles, acquis aux puissances colonisatrices, sont si souvent mis en avant, sinon  dans le but d’entretenir le mensonge et la désinformation ?

 

Pourquoi tant de sots sont-ils placés à la  tête de certains états comme la R.D.C, souvent avec l`aide de puissances étrangères, sinon dans le but de maintenir leurs peuples dans la misère et l`ignorance ?

      

  Cela est il inéluctable ?

 

Autant il est vrai que l’information officielle sur l’Afrique est biaisée, déformée, « révisionniste », autant il est vrai qu’en se donnant de la peine, on finit bien par y voir clair.

 

Que les enfants de l`Afrique investissent les bibliothèques et les musées en quête d’eux-mêmes, de leur histoire ! D’excellentes productions littéraires Africaines allant dans ce sens voient de plus en plus le jour. Qu’ils les lisent donc ! Dans les antiquités égyptiennes par exemple, le savoir-faire qui jadis a codifié le savoir, la religion, la géométrie, les mathématiques, l’astronomie, la mécanique, la biologie, la médecine, la métrologie etc. dans l’art : les masques, les sculptures, les peintures, les monuments et édifices sont là, bien vivants.

 

Que les fils et les filles de l’Afrique aillent voir les cauris (coquillages) d’or que ciselaient leurs ancêtres de la vallée du Nil; qu’ils aillent voir de leurs propres yeux, et non à travers ceux des autres, le balai, la houe du temps ancestral qui sont le même balai, la même houe aujourd’hui encore en Afrique ; qu’ils aillent donc voir comment leurs pères et leurs mères travaillaient la perle, à l’identique de ce qui se fait encore aujourd’hui chez eux ; qu’ils aillent voir ces sièges anciens qu’ils reconnaîtront au premier coup d’œil; qu’ils aillent donc voir d’où leur viennent ces bracelets en forme de serpent bicéphale qu’ils fabriquent encore à ce jour ; qu’ils aillent redécouvrir au musée du Louvre le miroir de Rê qui leur renverra leur propre image, intacte, surgie du fond des millénaires, et en or s’il vous plaît, comme s’il avait été poli hier par la main de leur mère; qu’ils aillent reconnaître leurs noms, Tia, Ba, Djetou, Ka, Atem, Naba... Que partout où l’Afrique historique et culturelle est présente, les enfants de pharaon soient désormais les plus nombreux, parce qu’ils y sont chez eux.

 

Devant l’obélisque sur la place de la Concorde, au Louvre, sur la place Saint-Pierre du Vatican, dans tout autre lieu où se trouve leur histoire, leur génie, qu’ils s’arrêtent de temps en temps et regardent, juste pour réveiller quelque chose qui dort… Jamais personne ne viendra le faire à leur place. Qu’ils s’arrêtent et qu’ils regardent. Plus ils regarderont, plus ils verront. Plus ils verront, plus ils comprendront. Plus ils comprendront, plus ils renaîtront.

 

Qu’ils réapprennent à se familiariser avec le son du grand ka, du djembé, du doundoumba, du balafon, qu’ils rétablissent la connexion…

 

Qu’ils se cultivent pour s’armer contre les offensives révisionnistes qui tentent plus que jamais de travestir leur histoire, de gommer la vérité et de reprogrammer leur mémoire sur la base du mensonge.

Ces forfaits intellectuels et moraux, très perceptibles ces temps-ci, conduisent à affirmer sans vergogne que la Traite des Noirs qui, cinq siècles durant, a dévasté l’Afrique, la vidant de plus de 200 millions d’âmes, était une affaire interafricaine, ou une sorte de pacte économique afro-européen aux bénéfices partagés, signé et mis en application par les deux parties, alors qu’il émane de la volonté explicite du Pape Nicolas V, cédant aux instances du roi du Portugal. Quels sont les historiens qui oseraient prétendre que tous les Français furent anti-sémites sous prétexte que des factions idéologisées ont collaboré avec Vichy et dénoncé des Juifs aux Nazis ?

 

      Pourquoi, en particulier, l’élite de la communauté Congolaise doit-elle se mobiliser ?


L’attitude d’une communauté qui se veut digne, la sauvegarde de son indépendance, la conservation de son patrimoine culturel et matériel, la défense de ses libertés sous une forme ou une autre appartiennent, selon la nature des choses, à l’élite qui, pour réussir sa mission, doit privilégier l’intérêt général et le bien commun. Cette mobilisation concerne, a mon sens toute elite noire.

 

L` élite doit servir d’exemple aux plus humbles des membres de la communauté; elle doit être capable de comprendre les problèmes communautaires et de proposer les solutions adéquates.

Tous les membres de la communauté, dans la juste mesure de leurs aptitudes, participent à la vitalité du corps social et au maintien de sa force. Au surplus, c’est la qualité de l’élite qui attire les talents par l’espoir qu’elle donne de s’élever jusqu’à elle, par l’émulation qu’elle suscite; c’est cette élite qui stimule le développement des talents dans la mesure où elle les discerne, les met en valeur et en récompense les mérites. C’est seulement dans ces conditions que notre communauté peut assurer sa survie et son progrès. Or l’élite Africiane se comporte en corps étranger vis à vis de sa communauté; ses intérêts s’identifient non à ceux de l’Afrique, mais plutôt à ceux de ses partenaires étrangers. Elle est incapable de donner à la communauté Congolaise les moyens de se prendre en charge,  de développer ses potentialités, de répondre à ses besoins et à ses aspirations.
 

Dans nos pays, les priorités de la communauté sont déterminées par les étrangers et en accord avec les intérêts de l’élite nationale plutôt qu’en fonction du bien-être de la population. On assiste ainsi à un état de dépendance et de servitude de la population qui travaille moins pour elle que pour l’étranger, dans un statut croissant de spoliation. L`exemple le plus frappant est indéniablement la République - dite ‘démocratique’ - du Congo. Jugez-vous-même : 13 ans de guerre, plus de 10 millions de morts, des pseudos élections destinées à légitimer un imposteur,  durant deux ans un premier ministre sénile qui conduit vers le chaos et l`anarchie le pays d’Afrique le plus riche, livrant la R.D.C. au pillage et le peuple à la misère, avec la caution d’une partie de la communauté internationale, trop heureuse de pouvoir s’enrichir comme jamais.

 

L’indifférence totale des pouvoirs établis face à la paupérisation de la R.D.C. et les errements d’une classe politique sur fond de corruption, d’amalgames et de bêtise collective, interpellent les esprits lucides sur la nécessité d’une remise en question de l’action politique dans notre pays.

Face aux angoisses et aux désespoirs causés par les bavures d’une société insolite et effrayante, nous devons susciter l’espérance en donnant à notre pays le meilleur de nous-mêmes, dans un esprit de justice, d’intégrité  et de liberté.

 

Nos peuples, manipulés, terrorisés, traumatisés par des problèmes de survie et en manque de tonicité morale, ont du mal à se ressaisir et à réagir sainement pour remettre leurs sorts entre les mains des citoyens lucides et dignes, sans compter que le tribalisme et l'ostracisme influencent encore ses attitudes politiques.


Nombre de politiciens actuels n’arrivent pas à réunir en un seul faisceau les forces et les aspirations éparses de nos peuples ; ils leurs manquent la force d’initiative et une certaine fraîcheur de vue pour résoudre nos problèmes; or pour chaque nation, la politique est la plus délicate et la plus importante des fonctions sociales, car tout tient à elle : le progrès économique et culturel ou le dépérissement.

Nous devons nous distinguer de cette élite indigne et ankylosée en éveillant des idées nouvelles pour rompre avec l’incompétence et l'immoralité qui caractérisent un bon nombre des dirigeants de notre pays. La crise actuelle ne peut être résolue que si elle est perçue comme un état temporaire qu’il faut surmonter par des actions dynamiques. Nous devons provoquer un sursaut d’énergie réformiste, ou révolutionnaire, livrant accès à de nouvelles formes de rapports humains et à de nouveaux modes d’organisation. Le blocage actuel vient de l’absence apparente de volonté parmi nous, dans tous les secteurs d’activité, de mettre des moyens propres à diagnostiquer nos problèmes communautaires pour sortir notre pays de l’abîme.

    Ce qu’il faut remettre en cause ?

 

Les linéaments d’une société humanisante sont loin d’être clairs, tant sont profondes les racines de la crise.

 

Ce qu’il faut remettre en cause, ce n’est pas la survie même de la nation, mais plutôt la légitimité des institutions et de certains dirigeants actuels, ainsi que l’intégration des citoyens dans la société politique, l’implication des individus dans la vie des organisations, les règles et processus qui déterminent la répartition des richesses entre membres de la communauté ; en un mot, il faut redéfinir les finalités de l’homme et de la société. Le défi se pose au niveau des valeurs, de leur nature, de leur institutionnalisation et de leur intériorisation.

 

      Votre Altesse Royale, le décollage économique du Congo Démocratique est-il possible ?

 

Il faut se libérer du cynisme de certains pays du Nord, qui veulent nous faire croire que cela passe par le développement du micro-crédit (dont les taux usuraires sont inacceptables) et du commerce équitable (qui profite moins aux producteurs qu’aux intermédiaires occidentaux), ce qui constitue, à mon sens, une double absurdité.

  

La R.D.C. comme beaucoup de pays d`Afrique ne sortira du sous-développement économique et de la marginalisation que lorsqu`elle reprendra son destin en main et se dotera de dirigeant compétents et solidaires. Il faut en finir avec les marionnettes au service de puissances étrangères. Mettre en place une saine exploitation des richesses et des ressources naturelles permettra de mettre un frein a l`immigration sauvage et clandestine.

 

Cela passe également par la création d`une organisation mondiale des ressources naturelles pour mieux contrôler les fluctuations du marché.

 

Mon pays est exemplaire à bien des égards, car il recèle un potentiel humain et culturel formidable, pour ne rien dire de ses immenses richesses naturelles (minière, énergétique, agricole, etc.)

 

Il est aujourd`hui dans un état de délabrement catastrophique, notamment à la suite des guerres ‘civiles’ à répétition, sur les causes desquelles je ne reviendrai pas, car cela serait trop long.

 

La R.D.C. a souffert comme on ne saurait l`imaginer, on dénombre entre 10 et 14 millions de morts depuis 1997.

 

Il semble, néanmoins, sans être d`un optimisme inconsidéré, qu’en instaurant une nouvelle gouvernance, en dirigeant ce pays autrement, dans l’intérêt de tous les Kôngolais, et non uniquement de quelques personnes ou groupes, étrangers qui plus est.

 

Ce renouvellement ne manquera d`être beaucoup plus bénéfique pour les Congolais et ses partenaires internationaux, en particulier face à la crise mondiale.

 

Un Kôngo repartant sur la bonne voie sera un exemple pour bon nombres d’ autres pays du continent, alors qu`il est actuellement un facteur d`instabilité, de pauvreté, de fuite des populations.

 

Avec l’avènement de nouveaux acteurs, le Kôngo pourra devenir un facteur de stabilité, d`unité et de richesse. Le Kôngo sera, alors, un pays exemplaire pour l’ ensemble du continent.

 

Si la communauté internationale, en harmonie avec le Kôngo et l’ensemble des pays d’ Afrique, décide la mise en place d`un nouveau type de partenariat, d`échange et de coopération, dans leurs intérêts mutuels, on peut raisonnablement penser que dans les quinze ans à venir le monde entrera dans une nouvelle ère et que le visage de l’Afrique en sera transfiguré, pour le plus grand profit de tous.

 

  Comment apporter un nouveau souffle au Kôngo (RDC) ?

 

Seul le renouvellement d’une partie de la classe dirigeante, et l’arrivée aux affaires de Kongolais compétents et dynamiques peut remettre le Kôngo (RDC) sur les rails de la démocratie et de la bonne gouvernance.

 

 

Je propose  Dix réformes urgentes

 

1) Changer radicalement de gouvernance. Etablir un Etat de droit, démocratique et transparent. Changer de gouvernance au Kongo, c’est changer de gouvernants ! Rien n’est  possible tant que des clans corrompus se maintiennent au pouvoir ; tant que le peuple est écarté des décisions. Ce changement de gouvernance concerne l’Etat à tous les niveaux. Il concerne aussi les entreprises stratégiques.

 

2) Désarmer toutes les milices et rétablir la discipline dans l’armée.

 

3) Mettre en place une gestion transparente et contrôlée des entreprises dans les branches minières.

 

4) Tolérance zéro en matière de corruption et de criminalité. Ce qui nécessite, outre une volonté politique, une réforme de la police et de la justice et des mesures sociales.

 

5) Réduire les inégalités sociales, notamment en resserrant la hiérarchie des revenus par une augmentation des bas salaires et une réduction des plus hauts. Les salaires des fonctionnaires doivent être immédiatement revalorisés et payés régulièrement.

 

6) Soutenir  l’agriculture afin d’atteindre l’autosuffisance alimentaire dans les plus brefs délais.

 

 

7) Remettre en état et développer les infrastructures économiques et sociales : réseau fluvial, routier et ferroviaire, eau, énergie, équipements scolaires, universitaires et sanitaires.

 

8) Relancer et moderniser l’économie de base notamment les industries agroalimentaire  et  de transformation et de raffinages.

 

9) Lancer un grand chantier de réforme de l’enseignement et de la formation en établissement la gratuité jusqu’à 16 ans, en modernisant l’enseignement supérieur et la recherche.

 

10) Mettre en œuvre un vaste programme sanitaire en mobilisant toutes les ressources nationales et internationales pour éradiquer épidémies et pandémies.  

J’en suis convaincu : en cinq ans, nous pouvons remettre le Kongo sur les rails du développement et de la prospérité ; changer les mauvaises habitudes, promouvoir  une gouvernance démocratique et une gestion saine et souveraine.

Le Kongo deviendrait alors un pays phare en Afrique et respecté dans le monde.